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  Comme le laisse aussi bien présager ce titre putaclic, ainsi que cette magnifique image de Captain Orgazmo, aujourd'hui on va parler du sujet préféré de tous les ados prépubères qui se respectent - et de DSK, c'est-à-dire : le cul ! Et derrière cette approche aussi subtile qu'un coup de sabot dans un figurant du Dernier Samouraï se cache en réalité une profonde réflexion sur le rapport du cinéma au sexe, qui nous fait, au final, nous questionner sur notre rapport au sexe. Mais là je vais loin, et la philosophie, c'est pas pour tout de suite. Ça viendra sûrement plus tard. Oui.
  Attention toutefois, je ne prétends pas avoir la science infuse en la matière - pour preuve la majorité de ces infos viennent de Wikiprout (et d'un de mes bouquins, oui), tout comme je n'ai pas vu jusqu'à la moitié des films présentés, et je ne prétends pas non plus être un expert en analyse. DONC, sachez juste que je dresse ici un portrait non-exhaustif de la représentation du sexe au cinéma, en y incluant une analyse bas de plafond, qui mériterait qu'on s'y intéresse plus profondément, ainsi que mon point de vue sur la question. Qui est mon point de vue. Donc c'est subjectif. SACHEZ AUSSI que ça me gène beaucoup d'utiliser autant de fois le mot sexe dans un article, donc s'il y a une surexploitation de celui-ci j'en suis désolé. Vraiment. Je suis pas pervers. Arrêtez.
  BREF, z'êtes prêts ?!

Deux faQteurs assez proches

  Pour les deux cons au fond de la classe qui ne suivent qu'une fois sur deux, un peu d'histoire ! Pour le grand public, je pense que quand on dit sexe et cinéma dans la même phrase, la première image qui vient à l'esprit reste YouPorn, Jacquie et Michel ou d'autres sites avec d'autres noms tout aussi fleuris, et en un sens... Le grand public a raison. Les films pornographiques - "ambassadeurs" du sexe au cinéma - remontent à la naissance du cinéma même, faut juste savoir qu'ils étaient loin d'être des productions Dorcel comme on fait maintenant. C'étaient plus des trucs amateurs bien sales tournés dans des maisons closes avec les clients. BIEN LOIN donc de cette image que l'on s'en fait aujourd'hui - même si le côté sale et amateur reste présent. Pour continuer dans la petite histoire du porno, ce n'est qu'avec Gorge Profonde, en 1972, que celui-ci implosa, puisque pour 25.000 $ de production, le film en rapporta 30 millions, 5 suites virent le jour, Linda Lovelace devint l'une des premières stars de l'industrie, ENFIN BREF, c'était la folie, et tout ceci fait qu’on se retrouve, aujourd'hui, avec des French Family - sombre, sombre nuit d'avril. Mais ça, c'est pour la partie extrême de l'iceberg.

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D'ailleurs, pour ceux que ça intéresse, y a eu un film sur Linda Lovelace. Ça s'appelle Lovelace.

  Parce qu'après le porno, le pur, le dur - je ne ferais pas cette comparaison, viennent les films érotiques. ET LÀ, l'histoire devient intéressante. Même si le sujet l'a toujours été, en témoigne le premier paragraphe. Enfin bref, faut savoir qu'entre les débuts du cinéma et aujourd'hui, les mœurs ont pas mal changé - j'y reviendrais plus tard ; qu'à l'époque c'était très puritain, et qu'une série comme Game of Thrones et un film comme Nymphomaniac se feraient tous les deux refuser une diffusion à la télé et en salle. Ainsi, en 1896, le film The Kiss, de William Heise, crée polémique. Pour quelle raison ? Une partie de jambe en l'air tout sauf dissimulée ? Un sein prenant la quasi-totalité de l'écran ? Un homme qui se masturbe face caméra ? "Ah merde, ça c'est Gaspar Noé." Rien de tout ça, puisque la raison de cette polémique est tout simplement le baiser - je dis bien LE BAISER - entre l'acteur et l'actrice principale, qui est au centre du film. Vu que c'est son titre. Comme je l'ai dit, les mœurs ont pas mal changé. Mais de là à dire que c'est le premier film érotique, le terme n'est-il pas un peu fort ? TU AS RAISON ! Vous avez tous raison ! Et il faudra encore longtemps avant de voir un vrai semblant d'érotisme dans les films, vu que la censure appliquée au cinéma fit son apparition en 1907 aux EU, et 2 ans plus tard en Angleterre et France, et le seul moyen d'alors voir de la nudité dans le film reste le circuit clandestin. Ou bien il faut jouer sur la suggestion, ou encore sur un alibi de taille : celui de la société décadente. Qui appartient au passé. Soit beaucoup pour voir une poitrine, surtout qu'à l'époque une épaule dénudée représentait le comble de l'érotisme, alors un sein ! Et encore, on pouvait jouer sur les lumières, comme le faisait Erich von Stroheim - merci Wikipédia ! MAIS, ils aiment pas trop l'érotisme les américains, donc ils mettent en place le code Hays, qui décrète que les décolletés sont limités, de dos, jusqu'à la taille, et, de face, jusqu'à la naissance des seins, tandis que le nombril ne peut être montré. Je ne vais pas revenir sur le cas des Tarzan de la MGM, donc on va sauter jusqu'en 1946, où le striptease est le mouton noir du cinéma. Attention, si vous avez moins de 18 ans, ce qui va suivre n'est pas approprié. Cela mériterait une nuit spéciale sur Canal+ tant c'est obscène et dérangeant. Vous êtes prêts ? Dans Gilda, de Charles Vidor, Rita Hayworth commet l'irréparable et le fantasme de beaucoup : elle enlève son gant.

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J'en perds mon bon sens.

  Oui. Elle enlève son gant. Et je suis prêt à parier que si un remake du film devait être fait, l'impact serait moins fort. Ce que j'essaie de démontrer, dans cette première partie, c'est qu'au-delà du rapport qu'entretien le cinéma avec le sexe - rien que la partie sur la pornographie est explicite à ce sujet, le cinéma entretient un rapport étroit avec les sujets de société. Parce que le cinéma est politique, ça, tout le monde est au courant. Du plus indépendant au plus gros blockbuster, que ce soit dans sa mise en scène, sa réalisation,  ou même son scénario, un film, quel qu'il soit, aura toujours un fond politique. Et cela fait de ce média, au final, un élément social important, qui peut influencer, s'il le veut, le public. Si le cinéma est au cœur de nombreuses polémiques - pas toujours justifiées, si l'on considère qu'Aladin est un film dangereux, c'est parce qu'il est représentatif d'une génération. Et donc, pour en revenir à notre sujet, c'est-à-dire la bonne grosse baise des familles, le cinéma a grandement participé, selon moi, à l'ouverture d'esprit de beaucoup de personnes. Comment, en un siècle, sommes nous passés du puritanisme pur et dur à des œuvres comme Irréversible ou Nymphomaniac ? Je suis peut être un doux rêveur, mais j'aime à croire que le cinéma a pas mal joué là-dessus, sur le changement des mœurs. Et c'est sûrement un peu le cas.

L'utilisation du Q dans les films

  Comme je l'ai dit, souvent des passages de film font polémique, mais pourquoi ? Pourquoi font-ils polémique ? Et pourquoi les avoir mis dans le film, alors que l'on sait très bien que cela créera la discorde ? Dans le but de faire un buzz ? Pas tant que ça. Pour moi, et normalement quiconque aura fait des études de cinéma, si cet élément est introduit dans un film, si les acteurs font quelque chose, s'ils vont quelque part, si le scénario dit qu'un personnage fera ça, c'est que ça a un sens profond. Une signification propre au métrage, ou bien même une signification extérieure à celui-ci. Et donc, si l'on suit cette logique, peut on imaginer que les scènes de sexe dans les films suivent ce même schéma, et qu'elles servent donc à autre chose qu'émoustiller le public prépubère ? J'ai le grand honneur de vous annoncer que OUI ! OUI ! OUI ! N'est-ce pas fantastique ? Si, ça l'est, pas besoin de répondre. Mais l'utilisation de cet acte charnel dépend de ce que l'on veut faire passer, et là, il y a alors plusieurs maisons... D'un côté, on peut aisément considérer que cela sert à caractériser un personnage. C'est parfois rare d'utiliser cette méthode, et généralement c'est soit pour expliquer rapidement que le personnage est peu fréquentable (Kids), soit pour expliquer que c'est, en quelque sorte, un beauf motivé uniquement par le cul (Ash vs. Evil Dead). Mais, si la caractérisation de personnage passe, pour le coup, en second plan, c'est généralement parce qu'elle sert plus largement à caractériser une relation. Ce qui est, certes, évident, mais qui méritait qu'on le rappelle. Et pour prendre comme exemple un film que je déteste, dans La Vie d'Adèle, ce n'est presque que de ça, même s'il y a une autre analyse à faire mais ce n'est pas le sujet. Ce n'est pas pour autant que je conseille ce film. VRAIMENT, ne regardez pas. Enfin bref.

USA : Film "La vie d'Adele"

Je déteste viscéralement ce film.

  Plus globalement, et pour rester dans l'analyse cinématographique bas de plafond, l'acte sexuel dans un film définit une atmosphère, voire une époque ou bien même l'état d'esprit d'un métrage/d'une œuvre de fiction. Pour expliquer mon propos, nous allons prendre The Rocky Horror Picture Show, Game of Thrones et Bang Gang - que je n'ai pas vu donc il se peut que ce qui suive soit erroné. Dans ces trois œuvres, le coït représente respectivement :
-L'état d'esprit du film, c'est-à-dire cette volonté d'aller à l'encontre du puritanisme de l'époque en projetant des scènes de sexe, certes dissimulées, entre un homme et une femme, et un homme et un homme, tout en montrant l’infidélité du personnage de Janet Weiss et la joie que faire l'amour lui procure. Ce qui, dans une époque vache coincée, est assez osé j'en conviens.
-L'époque de la série, que l'on devine proche du Moyen-Âge de par la violence excessive et donc les scènes de sexe quasi-omniprésentes, mais plus globalement ce qui entoure ces mêmes scènes de sexe. C'est-à-dire l'inceste, l'illégalité de l'homosexualité, le viol, etc... Oui, parce que j'ai oublié de le préciser en début d'article, mais je parle, ici, tant de l'acte que tout ce qui l'entoure, autant l'avant que l'après ainsi que le contexte dans lequel il se déroule. Et là pour le coup, si l'acte n'a rien d'exceptionnel, toutes les histoires autours de ce même acte permettent de dater approximativement la série. Pas besoin de Carbone 14 donc.
-Le film s'appelle Bang Gang. Sérieusement. Dois-je vraiment expliquer en quoi l'atmosphère du film suinte la sexualité par tous les pores ? Et puis le film parle de la découverte de la sexualité - et de ses limites - par des adolescents. Si tu voulais une atmosphère 100% catho, passes ton chemin poto.

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Bang Gang. Encore une fois, désolé, mais le titre du film est très explicite.

  Un léger tour sur mes notes... Tutum... Ah ! On a bientôt fait le tour ! Les métaphores. Oui, je sais, balancer ce mot comme ça au milieu d'une conversation jette généralement un froid, parce que ça veut dire développement, et tout... Sauf qu'étonnement, ici, ça ne va pas être ultra long. Parce qu'utiliser le sexe pour faire des métaphores, je n'ai pas énormément d'exemples qui me viennent en tête. Mais j'en ai surtout un, qui vient d'un film que j'aime un peu, par un réalisateur qui me laisse indifférent : Watchmen - Les Gardiens. Alors oui, sortir une scène de cul de Watchmen, déjà c'est fort, premièrement parce qu'il y en a pas des masses, et ensuite parce qu'il y a rien à dire dessus. Réellement ? Dois-je rappeler que Watchmen est une œuvre qui fonctionne par métaphores, et dois-je également rappeler que lorsqu'un élément est introduit, c'est pour servir le propos de la dite œuvre ? Donc, je pourrais très bien vous parler de la scène entre le Spectre Soyeux et Dr. Manhattan, ou bien encore du viol du premier Spectre par le Comédien, car chacune de ces scènes représentent quelque chose dans le récit, ainsi que dans notre interprétation du récit. Mais je ne le ferais pas, déjà pour ne pas vous spoiler le métrage plus que je ne l'ai déjà fait, mais également pour que vous puissiez vous même vous faire votre interprétation. MAIS, si vous n'êtes pas familiers avec ce film, que vous n'aimez pas les films de super ou que vous n'aimez pas Zack Snyder - ce que je ne comprends absolument pas, je vous conseille, dans cette même idée de métaphores, Visitor Q, qui est une vraie mine d'or d'analyses, et que j'ai beaucoup aimé au passage.
  Il reste toutefois assez facile de prétendre que tous les films avec un semblant d'érotisme le font pour une raison. Non, certains film n'hésitent à nous mettre du sexe, et ce uniquement pour le YOLO. Le cinéma est capable du pire comme du meilleur, et à partir de là, il n'est pas étonnant de voir les deux facettes d'une même pièce dans nos salles obscures. Le plus belle exemple reste quand même, et l'on retourne dans le milieu sériel, Plus Belle la Vie. La série est bourrée de défauts, et cela n'étonne personne. Mais, dans sa dernière saison, elle a abordé des thèmes assez forts, comme l'inceste ou la pédophilie. Mais le fait-elle pour une raison valable ? Ou uniquement pour créer des situations de plus en plus tordues et creepy dans le seul but que la ménagère y trouve son compte ? Je pencherais plutôt pour le second, tout comme je pense que la suggestion du coït entre Tris et Quatre dans Insurgent était inutile. Car à part émoustiller les ados fans du bouquin, ça ne faisait en aucun cas avancer l'intrigue, et encore moins évoluer la relation des personnages. Donc, pourquoi ? SÉRIEUSEMENT, POURQUOI TU FAIS ÇA FILM ?!

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NO, GOD, PLEASE NO.

  Si je vous dis Irréversible, Ken Park, ou encore Love que me répondez-vous ? Vu que c'est le sujet de l'article, la réponse est facile, mais à part ça, ces films ont tous fait polémique ou ont choqué, dans leur représentation et leur utilisation du sexe. Une scène de viol, de la pédophilie ou encore un plan à 3 avec mineur, ces trois œuvres sont autant de sujets à débattre, faisant d'ores et déjà tiquer les gars de Promouvoir. Seulement, est-ce mal, en soi ? Je ne vais pas rentrer dans ce long débat, surtout que j'en donne mon avis plus tard dans l'article, mais mettre du viol ou de la pédophilie dans un film, à partir du moment où l'on met en place les limites d'âge et avertissements appropriées, est-ce forcément mal ? Si cela sert le propos du film, et si cela permet à celui-ci de transmettre son message, tout en proposant une approche cinématographique différente via un montage inversé ou encore une mise en scène de talent, est-ce forcément un mal ? Et bien...

QonQlusion

  Eh, vous avez vu ? Dans tous mes titres j'ai mis des Q... C'est drôle parce que... Oui, bon, bref. Le cinéma est politique. Je l'ai dit en début d'article, mais je le redis. Le cinéma est politique. En fait, on pourrait croire que le sexe dans les films n'a rien à voir avec la politique, mais c'est un sujet de société. Et les sujets de société ont un fond politique. Rien qu'à voir le combat de Fleur Pellerin contre l'association Promouvoir, ça allait au-delà du fait divers. Et par conséquent, je considère que si cela sert son propos - comme dit dans le précédent paragraphe, un film ne doit pas faire de concessions. Le cas du sexe au cinéma n'est qu'un sujet parmi tant d'autres permettant d'aborder la liberté filmique, et si j'ai choisi de parler du sexe en particulier, c'est uniquement parce que c'est celui qui crée le plus de débats. On a vu, avec l'exemple du gant, que l'érotisme, au cinéma notamment, a toujours choqué le public, et je pense sincèrement que des films comme Love - qui est très bon au passage - impacteront, dans quelques années, autant que la scène du gant impacte le public de nos jours, car les mœurs auront évolué. Malheureusement, je dis ça, mais c'est de plus en plus compromis, avec la montée en puissance d'associations extrémistes comme Promouvoir - dont j'ai pas mal parlé déjà, il est bien difficile de penser que des réal comme Noé puisse continuer leurs travaux. Mais je l'espère énormément. Et, au final, Promouvoir, n'est-ce pas l'exemple d'un problème plus grand ?
  Je disais, en début d'article, que l'on pouvait questionner notre rapport au sexe en traitant du lien entre le cinéma et le sexe. Et la société actuelle est très divisée à ce sujet. Alors que la pornographie est de plus en plus accessible, les personnes adultes sont décidées à éloigner le plus possible la jeunesse de ce divertissement décadent, quitte à aller plus loin dans leurs démarches et interdire des films bien plus intelligents dans leur façon de parler du sexe. Et au final, dans cette quête de pureté morale de l'enfant - et par extension de la société, ne s'approche-t-on pas d'une situation équivalente à celle de 1946, par exemple ? C'est-à-dire une société qui interdit jusqu'à une épaule dénudée ? C'est extrême, oui. Tout comme il est extrême d'interdire Pirates des Caraïbes aux moins de 12 ans. Au final, le sexe au cinéma, au-delà du simple fantasme, reste un élément filmique comme un autre, un sujet comme un autre, qui peut être traité de la façon la plus intelligente à la plus stupide. Et s'en offusquer reviendrait à être offusqué du cinéma même.