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  La saga des James Bond est pour moi quelque chose de tellement grand qu'il faut avoir vu la totalité de ses composants pour la comprendre. Toutefois, c'est en tant que novice - n'ayant que Dr. No, GoldenEye, Casino Royale et Skyfall à mon actif - que je m’apprêtais à voir ce Spectre, avec beaucoup d'appréhension, certes, mais également beaucoup de doutes, vu que j'ai de nombreuses fois lu que ce film-ci aurait de nombreux liens avec le reste de la saga. Et bien Nom de Zeus !

  Bond participe à une mission à Mexico pour M, de façon posthume, visant à éliminer Marco Sciarra, un méchant pas beau cherchant à détruire un stade. Suite à cet évènement, qui causa la destruction de nombreux bâtiments - et une scène totalement invraisemblable en hélicoptère, il est mis hors course par M alors que celui-ci affronte de façon métaphorique C - appelé Moriarty dans le métier - qui veut fermer le programme double-zéro à tout jamais, désirant remplacer celui-ci par des drones. James Bond, qui s'en bat les steaks de tout ça, est tourmenté par la bague trouvé sur Sciarra, il commence alors à enquêter et fait ainsi ressortir de vieux dossiers, autant personnels que professionnels.

  J'ai globalement aimé le film, c'est même mon second Daniel Craig préféré. Toutefois, il n'est pas exempt de défauts, et des défauts qui, si vous y êtes réceptif, peuvent très facilement vous gâcher le plaisir de regarder le film. Avant de passer et ces points négatifs, il faut dire que le film propose quelques scènes intéressantes, et le générique est d'excellente qualité et putain de magnifique. Le jeu d'acteur est loin d'être désagréable, même si Craig semble vraiment s'ennuyer dans son rôle et Seydoux fait un désagréable mélange de surjeu et de jeu mou, fade, mais cela est vite rattrapé par Christoph Waltz et Ben Whishaw, Q donc. Qui plus est, l'idée même de l'organisation tentaculaire se révélant être la cause de tous les soucis de James Bond depuis Casino Royale n'est pas inintéressant, cela aurait pu même être une bonne façon de conclure l'ère Daniel Craig de la saga, car après Skyfall, il est plutôt compliqué de reprendre sur cette lancée.
  Et c'est justement là mon principal reproche. Après Skyfall, qui cassait tous les codes, réinventant au passage le mythe Bond pour mieux se l'approprier, on revient dans Spectre à une construction plus académique. En gros, c'est un film qui suit à la lettre la recette pour faire un bon 007, rajoutant au passage une pléthore de clins d’œils destinés aux fans de la série que j'ai, tant bien que mal, tout de même compris. Le problème avec Spectre n'est pas que c'est un mauvais film James Bond, mais justement que c'est trop un film James Bond. De par sa construction, de par le manque de surprise, comme les quelques gros twists que l'on voit venir ou encore la scène entre Craig et Seydoux qui est aussi très prévisible. En fait, Spectre est un film James Bond, et c'est ce qui le mena à sa perte.

  Spectre est loin d'être un mauvais film, c'est même tout le contraire. Moi même j'ai énormément aimé le film et le considère aisément comme l'un de mes James Bond favori. Toutefois, avec sa construction académique, et donc son scénario prévisible, Spectre n'a pas subi un traitement à la hauteur de ses ambitions. Est-ce qu'il faut aller le voir ? Largement. Mais ne vous attendez pas à voir du Skyfall.

Visionné le 11 novembre 2015